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Synode sur l’Amazonie 2019

Un point de vue

jeudi 14 novembre 2019, par Jacques Delcourt, Olivier COLLARD

Du 6 au 27 octobre s’est déroulé à Rome l’Assemblée spéciale du synode des évêques pour l’Amazonie qui a rassemblé 185 Pères synodaux, 55 auditeurs et 15 experts dont un belge, Jean-Pierre Dutilleux, fondateur de l’association française Forêt vierge et promoteur du chef Raoni.
Au terme de leurs travaux, les Pères synodaux ont voté des propositions à soumettre au Pape François qui a déjà annoncé dans son discours de clôture qu’il publierait avant la fin de l’année une exhortation apostolique reprenant ses décisions. En effet, ce document final n’est que consultatif et le Pape peut décider librement de suivre ou pas les recommandations issues du synode.
Mais que contient ce document final ? En fait, le texte met avant tout l’accent sur l’attention que l’Église doit porter au cri de la terre, au cri des pauvres et des peuples amazoniens pour une conversion intégrale : pastorale, culturelle, écologique et sociale.
Mais si ce synode a autant fait parler de lui, c’est parce que les évêques de la région amazonienne ont également débattu de questions pastorales et ecclésiales qui concernant l’Eglise universelle, notamment de l’ordination d’hommes mariés et du rôle des laïcs, hommes et femmes dans l’Eglise, et même du diaconat permanent.
Dans son discours de clôture, le Pape a déjà réagi à certaines de ces propositions, laissant entrevoir ce que pourrait contenir l’exhortation post-synodale.
Le Pape François a déclaré retenir en particulier quatre thèmes du document :

  1. Culturel : l’inculturation, mais « à l’intérieur de la tradition de l’Eglise » ;
  2. Ecologique : l’écologie et le développement de la conscience chrétienne sur ces sujets ;
  3. Social : le point de vue social, avec le constat de la violence, des injustices, de l’exploitation des personnes de tous points de vue, de la destruction des personnes et de leur identité culturelle ;
  4. Pastoral : la pastorale, « l’urgence » d’annoncer l’Evangile, avec « créativité ».
    *

1. L’inculturation, mais « à l’intérieur de la tradition de l’Eglise » ;

Le document invite à une conversion culturelle, rappelant que l’inculturation et l’interculturalité sont des outils importants pour conduire le chrétien à aller à la rencontre de l’autre pour apprendre de lui. Les peuples amazoniens, en effet, offrent des enseignements de vie et une vision intégrée de la réalité capable de comprendre que toute création est liée et de garantir donc une gestion durable. L’Église s’engage à être l’alliée des peuples autochtones pour dénoncer les attaques perpétrées contre leur vie, les projets de développement prédateur ethnocides et écocides.

Une place est donnée à la théologie et à la piété populaire indiennes, dont les expressions doivent être appréciées, accompagnées, promues et parfois « purifiées », en tant que moments privilégiés d’évangélisation devant conduire à la rencontre avec le Christ.

Le document final demande également d’adapter la liturgie catholique aux rituels présents dans la région et demande qu’une commission locale puisse élaborer un nouveau rite amazonien qui viendrait s’ajouter aux 23 rites déjà présents dans l’Eglise catholique dans le but d’exprimer « le patrimoine liturgique, théologique, disciplinaire et spirituel de l’Amazonie ».

Mais dans son discours de clôture, le Pape François a accueilli cette dernière suggestion avec réserve.

D’autant plus que le rituel « amazonien », retransmis par les caméras du Vatican, qui s’est déroulé le 4 octobre dans les jardins du Vatican et à l’occasion duquel des religieux et des religieuses catholiques se sont prosternés devant des statuettes représentant la déesse-terre et d’autres symboles de fertilité sous la direction d’une chamane et en présence du Pape et de cardinaux, a suscité une incompréhension parfois vigoureusement indignée dans plusieurs pays du monde.

Dans son discours de clôture, le Pape a donc tiré sur le frein. Ce n’est pas une commission locale nommée par les évêques d’Amazonie, comme proposé au point n°119 du document final du synode qui s’en chargera, mais bien la Congrégation vaticane pour le culte divin, dirigée par le cardinal Robert Sarah :

« On a parlé d’une réforme du rituel, s’ouvrir aux rites, cela rentre dans les compétences de la Congrégation pour le culte divin, et on peut le faire en suivant les critères et en cela je sais qu’ils savent très bien le faire, et faire les propositions nécessaires demandées par l’inculturation », a déclaré le Saint-Père dans son discours.

Il est donc relativement improbable que ce nouveau rite, pour autant qu’il voie le jour, soit « enrichi », comme le souhaite le document final du synode, notamment « avec la manière dont les peuples amazoniens prennent soin de leur territoire et entrent en relation avec ses fleuves. »

2. L’écologie et la défense de la vie

Face à « une crise sociale et environnementale sans précédent », le Synode appelle à une Église amazonienne capable de promouvoir une écologie intégrale et une conversion écologique selon laquelle « tout est intimement lié ». En effet, « La défense de la terre n’a d’autre but que la défense de la vie » et se fonde sur le principe évangélique de la défense de la dignité humaine.

Il rappelle que l’écologie intégrale est le seul moyen possible pour sauver l’avenir de la région amazonienne et appelle L’Église, en tant que « partie intégrante de la solidarité internationale », à promouvoir le rôle central de l’écosystème amazonien dans l’équilibre de la planète et encourager la communauté internationale à fournir de nouvelles ressources économiques pour sa protection en renforçant les instruments de la Convention-cadre sur les changements climatiques. Afin de réparer la dette écologique que les pays ont envers l’Amazonie, il est suggéré de créer un fonds mondial pour les communautés amazoniennes, afin de les protéger du désir prédateur des entreprises nationales et multinationales.

Le Synode rappelle « l’urgence de développer des politiques énergétiques qui réduisent drastiquement les émissions de dioxyde de carbone (CO2) et d’autres gaz liés au changement climatique ». Il recommande le recours à l’énergie propre, attire l’attention sur l’accès à l’eau propre et encourage la réutilisation et le recyclage, la réduction de l’utilisation de combustibles fossiles et de plastiques, le changement des habitudes alimentaires comme la consommation excessive de viande et de poisson, et recommande d’adopter un mode de vie sobre et respectueux de l’environnement.

Le document propose même une définition du « péché écologique » comme « une action ou une omission contre Dieu, contre le prochain, la communauté, l’environnement ».

3. L’aspect social et la lutte contre l’exploitation

Le document dénonce la violation des droits de l’Homme et la destruction des ressources extractives ; il assume et soutient, également en alliance avec d’autres Églises, les campagnes de désinvestissement des entreprises extractives qui causent des dommages sociaux et écologiques en Amazonie.

Le texte appelle à la responsabilité de tous et rappelle que nous sommes tous appelés à prendre soin de l’œuvre de Dieu. Les protagonistes du soin, de la protection et de la défense des peuples sont les communautés amazoniennes elles-mêmes. L’Église est leur alliée, elle marche avec eux, sans imposer une manière particulière d’agir, reconnaissant la sagesse des peuples sur la biodiversité contre toute forme de biopiraterie. Les agents pastoraux et les ministres ordonnés sont invités à se former à cette sensibilité sociale et environnementale à l’instar des martyrs de l’Amazonie.

Le Document réaffirme enfin l’engagement de l’Église à défendre la vie « de sa conception à son crépuscule » et à promouvoir le dialogue interculturel et œcuménique afin de contrer les structures de mort, de péché, de violence et d’injustice.

4. La pastorale, « l’urgence » d’annoncer l’Evangile, avec « créativité »

Malgré une présence catholique remontant au XVIe siècle, l’Église catholique en Amazonie souffre d’une chute de la pratique, d’une crise de vocations, de la concurrence de nombreux groupes évangéliques et pentecôtistes mais aussi d’un certain manque de zèle apostolique et missionnaire.

D’après le P. Martín Lasarte, missionnaire salésien en Amazonie invité par le Pape François au synode, dans plusieurs endroits, l’Église est tombée dans l’inertie, la sécularisation et dans un conservatisme moralisateur bloqué dans les années 1970-80. Il évoque le cas de certaines religieuses ayant décidé d’arrêter la catéchèse « par respect pour la culture indigène », se limitant au témoignage et au service ou celui de certains prêtres refusant de baptiser des indiens, au nom du « refus du colonialisme ». Tout en reconnaissant que l’option pour les pauvres est essentielle à tout processus évangéliques et manifeste la dimension diaconale de l’Église, il signale que des problèmes peuvent apparaître quand ce genre d’activités absorbent toute la vie et le dynamisme de l’Église au point de faire passer au second plan toutes les autres dimensions : kérygmatique, catéchétique, liturgique, la koinonia… « Nous nous trouvons alors dans une tension irrésolue entre Marthe et Marie », conclut le missionnaire.

Et en effet, si l’on en croit les données statistiques officielles communiquée par le Vatican 46% des 34 millions d’habitants que compte la région ont abandonné l’Église catholique au cours des dernières décennies pour passer à d’autres confessions religieuses.

Le cas du Brésil, considéré comme le plus grand pays catholique du monde en nombre de pratiquants, est tout aussi impressionnant. Lors du recensement officiel qui a lieu tous les dix ans dans ce pays, en 1970 les catholiques formaient 91,8% de la population alors qu’au recensement de 2010, ils n’étaient plus que 64,6% et on s’attend à ce qu’ils passent sous la barre des 50% lors du recensement de 2020.

Quelles sont les options recommandées par les Pères synodaux à ce sujet ?

Le Synode n’oublie pas les nombreux missionnaires qui ont donné leur vie pour transmettre l’Évangile en Amazonie, dont les pages les plus glorieuses ont été écrites par les martyrs. En même temps, le Document rappelle que l’annonce du Christ dans la région a souvent été faite de connivence avec les pouvoirs oppressifs du peuple. Ce qui explique leur appel à ce que « l’Amazonie puisse être évangélisée par l’Amazonie » en évitant toute « évangélisation de style colonial » et tout « prosélytisme » mais en privilégiant plutôt une proclamation inculturée dans le but de construire une Église à visage amazonien, dans le respect de l’histoire, de la culture et du mode de vie des populations locales.

Le document synodal suggère que les congrégations religieuses du monde établissent au moins un avant-poste missionnaire dans l’un des pays amazoniens.

Une grande importance est accordée au dialogue œcuménique et interreligieux : « chemin indispensable de l’évangélisation en Amazonie », un dialogue œcuménique qui doit partir « de la centralité de la Parole de Dieu, pour initier de véritables chemins de communion ».

Le texte suggère également « une pastorale des jeunes renouvelée et audacieuse », centrée sur Jésus, il invite également à invitation à promouvoir de nouvelles formes d’évangélisation à travers les réseaux sociaux.

Qu’en pense le Pape françois ?

Dans son discours, le Pape a incité à la « créativité » en matière d’évangélisation tout en déplorant un « manque de zèle apostolique » de la part de certains prêtres, réticents à aller en Amazonie. François envisage donc d’envoyer les prêtres du service diplomatique du Saint-Siège pour effectuer un stage d’un an auprès d’un évêque dans une mission en Amazonie plutôt que dans une nonciature.

Le Pape a également souligné la nécessité de créer des séminaires pour les peuples indigènes. « C’est une véritable injustice sociale que, dans les faits, les indigènes ne soient pas autorisés à suivre le chemin du séminaire et du sacerdoce ! », a regretté François.

Ces mesures seront-elles suffisantes face aux immenses enjeux de cette région ?

Dans un livre qu’il vient de publier en marge du Synode, le cardinal Marc Ouellet, 75 ans, canadien, préfet de la Congrégation pour les évêques et président de la Commission pontificale pour l’Amérique latine, qui a pris part au synode, plaide pour une nouvelle annonce claire et franche de l’Evangile en Amazonie sans tomber dans le piège du syncrétisme :

« Les nouveaux chemins du futur ne porteront des fruits évangéliques que s’ils sont cohérents avec une annonce intégrale de l’Évangile ‘sine glossa’, qui ne sacrifie aucune des valeurs permanentes de la tradition chrétienne.
Chercher de nouvelles voies pour l’évangélisation des autochtones en Amazonie signifie dépasser une approche réductrice qui partirait des visions cosmologiques amazoniennes, dans un effort de synthèse interculturelle qui courrait le risque d’être artificielle et syncrétiste. Une réflexion analogue vaut également pour la ‘nouvelle évangélisation’ des pays de vieille chrétienté. Si on confond l’évangélisation avec la modernisation des usages et des coutumes dans le but de rendre le christianisme plus acceptable en dépit de certains points négatifs dans son histoire, on se condamne à l’échec, et les gens ne se laisseront pas avoir par les recettes superficielles qu’on leur propose pour conserver un intérêt pour l’institution ecclésiale. Soit l’Église propose le Jésus authentique qui est identique au Christ de la foi, soit elle perd la raison d’être de sa mission et les nouveaux pouvoirs des moyens gérés par des mains hostiles la rendront bien vite dépassée et superflue »

Un point de vue partagé par le cardinal Schönborn, qui s’est notamment montré surpris de l’absence de réflexion sur l’essor des pentecôtistes dans cette région du monde : «  Les pentecôtistes annoncent le Christ directement, et nous, catholiques, avons parfois trop tendance à être timides dans l’annonce.  » Et l’archevêque de Vienne de citer certains propos entendus de la part de témoins directs : «  Nous nous sommes beaucoup engagés dans la défense des indigènes et sur les questions sociales, mais avons-nous continué, en même temps, à annoncer suffisamment le kérygme : Jésus mort et ressuscité pour nous ? »

Synodalité et ministères pour les laïcs, hommes et femmes

Le texte final précise que la participation des laïcs, aussi bien dans la consultation que dans la prise de décision, à la vie et à la mission de l’Église devrait être renforcée et élargie à partir de la promotion et de la délégation de « ministères aux hommes et aux femmes de manière équitable ».

« Il n’est pas normal, a déclaré Mgr Guzman, président de la Conférence épiscopale de Bolivie, dans une conférence de presse, que les femmes soient majoritaires dans la pastorale de l’Église et qu’elles soient presque invisibles dans ses processus décisionnels. » Et de plaider pour reconnaître aux femmes un pouvoir décisionnel. L’archevêque de Bombay a quant à lui rappelé que si les femmes ne peuvent pas dire la messe, entendre en confession ou administrer la confirmation, « elles peuvent faire pratiquement tout le reste ». « Les femmes peuvent même être responsable d’une paroisse et présider un tribunal ecclésiastique conformément à la loi de l’Église. »

Le texte final appelle donc à une révision du Motu Proprio Ministeria quædam de saint Paul VI, afin que les femmes bien formées et préparées puissent aussi « recevoir les ministères du lecteur et de l’acolyte, entre autres ».

Plus précisément, dans les contextes où les communautés catholiques sont dirigées par des femmes, il propose la création d’un « ministère établi des femmes comme responsables de communautés ».

Promotion du Diaconat permanent et formation

Le document final insiste davantage sur « la promotion, la formation et le soutien des diacres permanents amazoniens », proposant au passage que « l’épouse et les enfants participent au processus de formation ». En Amazonie, la promotion, la formation et le soutien des diacres permanents sont une urgence :

« Le diacre, sous l’autorité de l’évêque, est au service de la communauté et est aujourd’hui obligé de promouvoir l’écologie intégrale, le développement humain, la pastorale sociale et le service aux personnes en situation de vulnérabilité et de pauvreté, les configurant au Christ. Il est donc nécessaire d’insister sur la formation continue, marquée par l’étude académique et la pratique pastorale, dans laquelle l’épouse et les enfants du candidat sont également impliqués. »

Le programme de formation, précise le Synode, devrait inclure des thèmes qui favorisent le dialogue œcuménique, interreligieux et interculturel, l’histoire de l’Église en Amazonie, l’affectivité et la sexualité, la cosmovision autochtone et l’écologie intégrale.

Il suggère que l’équipe des formateurs soit composée de ministres ordonnés et de laïcs et encourage la formation de futurs diacres permanents dans les communautés vivant sur les rives des rivières indigènes.

Et le diaconat féminin ?

Le document final ne demande pas l’ordination des femmes au diaconat et est resté très prudent sur le sujet.

Cependant, les Pères synodaux ont souligné que les nombreuses consultations en Amazonie ont évoqué le « diaconat permanent pour les femmes » et souhaite que les expériences et les réflexions qui ont été mises sur la table en synode puissent être partagées avec la Commission d’étude sur le diaconat féminin créée en 2016 par le Pape François.

Cette question de l’ordination des femmes est celle qui a rencontré la plus grande opposition au synode, comme en témoigne cette formulation prudente du document final qui a été approuvée de justesse, récoltant au passage un quart d’absentions et de votes contraires.

Pour rappel, en 2016, à l’issue d’une rencontre avec l’Union internationale des supérieures générales (UISG), le Pape François avait annoncé la création d’une commission d’étude sur le rôle des femmes diacres au début du christianisme. Composée de six hommes et de six femmes – deux religieuses et quatre laïques – et présidée par Mgr Luis Francisco Ladaria, jésuite espagnol et numéro deux de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF), cette commission a été chargée d’examiner le rôle des femmes « diakonos » mentionnées dans le Nouveau Testament et dans l’Église primitive. En mai 2019, le Pape François a regretté que cette commission n’ait pu aboutir à aucun consensus sur la question. « Les membres de la commission sont d’accord pour reconnaître qu’il y avait des diaconesses au début » de l’Église, mais ils n’ont pu déterminer si celles-ci recevaient « une ordination sacramentelle ou pas », a-t-il déclaré dans l’avion qui le ramenait de Macédoine. Le Pape a précisé également que les diaconesses de l’Église primitive se trouvaient « presque toujours dans une même zone géographique, surtout en Syrie ». Le Saint-Père a ensuite expliqué que les diaconesses « aidaient à la liturgie, aux baptêmes, aux onctions, et étaient appelées par l’évêque lorsqu’il y avait un différend matrimonial ou une séparation, ou lorsqu’une femme accusait son mari de l’avoir battue. Mais il n’y a aucune certitude qu’il s’agisse d’une ordination ayant la même forme et le même but que l’ordination masculine ».

Dans son discours de clôture, le Pape François a proposé de relancer cette commission d’étude, actuellement au point mort, avec l’aide de la Congrégation pour la doctrine de la foi en l’élargissant à de nouveaux membres.

Ordination sacerdotale des diacres permanents

Le Document final propose « d’établir des critères et des dispositions par l’autorité compétente, d’ordonner prêtre des hommes idoines et reconnus par la communauté, qui ont un diaconat permanent fécond et qui recevront une formation adéquate pour le sacerdoce, qui peuvent avoir une famille légitimement constituée et stable, pour soutenir la vie de la communauté chrétienne par la prédication de la Parole et la célébration des sacrements dans les zones les plus reculées de la région amazonienne ».

Il est toutefois précisé qu’à cet égard que « certains se sont exprimés en faveur d’une approche universelle du sujet ». En effet, certains évêques, notamment en Allemagne, ont déjà annoncé qu’ils demanderaient à recourir à cette possibilité dans leurs diocèses si cette possibilité était ouverte en Amazonie.

Dans son discours de clôture, le Pape n’a pas fait explicitement allusion à cette proposition mais dans en janvier 2019, dans le vol de retour du Panama, à la question posée par un journaliste de savoir s’il autoriserait un jour les hommes mariés à devenir prêtre, le Pape a d’abord répondu en citant Paul VI : « Je préfère donner ma vie plutôt que de changer la loi du célibat », mais tout de suite après, il a admis cette possibilité : « dans les régions les plus éloignées », comme dans les « îles du Pacifique » et « peut-être » en Amazonie et « en bien d’autres endroits ». Pour finir, il avait recommandé la lecture d’un livre de l’évêque Fritz Lobinger qui lance entre autres l’idée – « intéressante » aux dires de François – d’ordonner des hommes mariés en ne leur confiant que le seul « munus », la fonction, d’administrer les sacrements et non ceux d’enseigner et de gouverner qui sont ordinairement conférés lors d’une ordination.

Cette théorie de Mgr Lobinger a récemment été reprise par le professeur Join-Lambert dans un article publié dans La Croix pour défendre l’idée d’ordonner aux périphéries des prêtres « de proximité » mariés et conservant une activité professionnelle, c’est-à-dire un peu sur le modèle des diacres permanents actuels, laissant les paroisses à des prêtres célibataires qui suivraient une formation plus poussée.

Selon certains spécialistes, il est possible que le Pape François autorise les évêques à demander une dispense de célibat à Rome, selon ce qui se fait déjà pour les prêtres anglicans qui passent au catholicisme, afin d’ordonner prêtre au cas par cas certains de leurs diacres permanents mariés.

Quoi qu’il en soit, nous en saurons plus d’ici la fin de l’année en lisant l’exhortation post-synodale sur laquelle le Pape François devrait être en train de travailler.

Olivier COLLARD
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